Portrait de Lucile Hoang Ngoc

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Lucile Hoang Ngoc

Née le 17 novembre 1976 à Amiens

Raquette : Babolat Satelite Solar

Classement : B4/B2/B1

 

Sur une scène de théâtre d’Amiens, en Picardie, une étudiante interprète le rôle de Lady MacBeth, cette femme puissante et sournoise de la pièce de William Shakespeare, prête à tout pour que son mari devienne roi, y compris tuer. La scène se déroule dans les années 1990 et la jeune femme, c’est Lucile Hoang Ngoc. Bien plus tard, à la tête de l’équipe Top12 de l’AUC, celle-ci déclare : « Le badminton nécessite une tactique sournoise, dans le sens où il faut jouer d’artifices ». Étrange coïncidence… Mais cela s’arrête là. Car si Lucile Hoang Ngoc est bien l’éminence grise du groupe, elle n’a pas sombré dans la folie comme Lady MacBeth.

 

Son rêve était de devenir comédienne : 16 heures par semaine au Conservatoire d’art dramatique d’Amiens, sa ville natale, entre l’âge de quinze et vingt ans. Cinq ans à monter sur les planches, avec une petite préférence pour Molière et Shakespeare. Une mésentente avec sa professeure de l’époque mit fin aux projets d’une étudiante en géographie qui avait commencé le badminton au lycée. Elle jouait à l’heure du déjeuner, dans une association sportive : « Je faisais du volleyball, mais pas en compétition, car j’étais trop petite. J’ai retrouvé dans le badminton une dimension aérienne, sans rebond, avec une dépense physique importante ». Lucile Hoang Ngoc fait alors « beaucoup de badminton et peu de géographie ». Le départ de sa mère pour la Corse est l’opportunité de tout recommencer ailleurs : « J’avais vingt ans et je ne voulais pas rester à Amiens. Dans le Sud de la France, j’ai d’abord regardé les bons clubs de badminton avant de m’inscrire à l’université : il y avait Grenoble ou Aix-en-Provence. J’ai appelé l’AUC et je suis tombé sur le président, Pierre, qui m’a dit qu’il y avait un entraînement de qualité et une bonne ambiance. Mon choix était fait ».

 

Lucile Hoang Ngoc aime la compétition et se fait, dès son arrivée à Aix-en-Provence, une place dans l’équipe régionale : « J’étais classée C et il y avait si peu de filles que cela n’était pas difficile de jouer ». Elle est gauchère, elle insiste pour le dire. L’année suivante, à vingt-et-un ans, elle coach la N3, qui redescend. « Mais c’est un très bon souvenir. On m’a alors offert un totem tibétain. Je l’ai toujours, il est dans mon salon », explique-t-elle. Si le théâtre est derrière elle, Lucile Hoang Ngoc subit la pression familiale pour continuer ses études : « Quand ma mère a reçu par erreur mon bulletin de notes de la faculté de géographie, qui était franchement mauvais, elle m’a poussé à faire autre chose, pour avoir un “vrai” métier ». C’est alors qu’elle commet, selon ses propres mots, un « suicide estudiantin » : elle s’inscrit en médecine. « Je ne voulais surtout pas faire ça, car tout le monde est médecin dans ma famille », se rappelle-t-elle. Mais elle veut être kinésithérapeute, objectif atteint en 2004. Elle met ses compétences médicales au service du badminton, des joueurs, est capitaine de l’équipe 2 de 2000 à 2011, et se consacre, depuis la saison 2013-2014, à diriger celle de Top12 : « C’est important d’avoir quelqu’un qui ne joue pas, qui apporte une cohésion, un confort pour les autres, concentrés pour leurs matchs ».

 

Sa carrière de coach ne fait que commencer. Toute personne gardant à l’esprit la femme froide et calculatrice de Lady MacBeth, le rôle qui l’a le plus marqué, aurait l’esprit mal tourné. À moins que… Allez, blague à part, comme on dit au théâtre juste avant les trois coups de bâton : merde !

 

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